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Les e-carburants, une solution d’avenir pour le thermique

HifGlobal-e-methanol Légende : D’ici 2025, l’usine de Hif Global produira 55 millions de litres d’e-carburant. © Porsche / Hif Global
Article publié dans le journal Les Échos – Le 14 juin 2023

Produits à partir de CO2 et d’hydrogène, ces e-gazole et e-méthanol constituent une voie pour décarboner les véhicules existants.

 

2035 va marquer la fin de la vente des véhicules thermiques neufs dans l’Union européenne. Exception faite de ceux roulant avec des carburants neutres en CO2. A l’instar de l’hydrogène vert ou encore des e-carburants. Lesquels sont appelés aussi carburants de synthèse. Citons ainsi e-gazole destiné en particulier au transport routier et l’e-méthanol qui intéresse les motorisations automobiles existantes. Tous deux sont obtenus en faisant réagir de l’hydrogène vert avec du CO2. L’idée étant de convertir ce dernier en monoxyde de carbone. Massivement présent, le CO2 peut être capté dans l’air, par les plantes ou les fumées d’usine. Par rapport à l’hydrogène, ces e-carburants sont utilisables sous certaines conditions dans les moteurs thermiques et sont plus faciles à transporter, à stocker et à utiliser. De quoi décarboner le parc automobile existant. « L’usage des e-carburants est d’ailleurs imposé par la directive Red III sur les énergies renouvelables » , indique Antonio Pires Da Cruz, responsable de programme de l’IFPEN en charge de la décarbonation et de la conversion du CO2. Le texte prévoit de faire passer leur part, dans la consommation finale d’énergie, de 3,5 % prévue par la directive Red II à 5,5% avec le Red III. Dont 1 % minimum pour les carburants de synthèse à base d’hydrogène (RFNBO).  

 

Une usine de production au Chili

 

Pour l’heure, l’e-méthanol, qui n’est pas à ce jour certifié en Europe, ne peut être utilisé directement dans les moteurs. « Pour l’heure, son taux d’incorporation est limité dans l’essence à un maximum de 3 % », précise Antonio Pires Da Cruz. Ce qui n’empêche pas les constructeurs automobiles de s’y intéresser. A commencer par Porsche qui a annoncé l’ouverture au Chili d’une unité-pilote alimentée par des éoliennes afin de produire de l’e-méthanol. Pour ce projet, le constructeur a fait appel à plusieurs entreprises. Dont Hif Global dans laquelle il détient une participation de 12 %. Cette entreprise se charge de l’exploitation et de la planification de la production. Parmi les autres partenaires, citons Siemens Energy, fournisseur d’électrolyseurs et Exxon Mobil qui délivre la technologie pour transformer en e-méthanol l’hydrogène et le CO2. Ce dernier est capté dans l’air grâce à des filtres embarqués dans de grands ventilateurs. De nouvelles usines sont prévues au Chili, à proximité de l’usine pilote existante. Au cours de la prochaine étape, la première nouvelle usine produira 55 millions de litres d’ e-méthanol d’ici le milieu de la décennie.

 

© Eliane Kan / Agence TCA