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Le monde d’après sera numérique

Publié dans LesEchos.fr le .Le confinement a propulsé le digital au cœur des entreprises. Avec l’initiative #Open_solidarity, l’écosystème numérique a proposé des applications Cloud gratuites. De plus en plus « accro » au numérique, les entreprises ont besoin de solutions indépendantes des puissances étrangères. Sauront-elles transformer l’essai ?

Transformant la contrainte du confinement en opportunité, de nombreuses entreprises ont entamé leur transformation digitale. « En vitesse de croisière nos formations attirent 800 à 900 TPE par mois. En mode Webinar, on passe à 8 500 TPE par mois », comptabilise Pierre Bonis, directeur général de l’Afnic, l’association qui gère les noms de domaine en « .fr ». Certaines se forment pour ouvrir un site vitrine ou une boutique électronique afin de compenser l’arrêt de l’activité par un drive. D’autres cherchent à transformer en profondeur leurs processus métiers avec des outils collaboratifs.

« L’économie est entrée de plain-pied dans le digital et elle ne reviendra pas en arrière »

« L’économie est entrée de plain-pied dans le digital et elle ne reviendra pas en arrière », estime David Chassan, directeur de la stratégie de 3DS Outscale, la filiale Cloud de Dassault Système. « Du jour au lendemain, le nombre des commandes d’outils digitaux a bondi de 30 % », renchérit Michel Paulin, PDG d’OVH, le premier opérateur européen de Cloud. À cet égard, en soutien à l’appel de Cédric O, secrétaire d’État au numérique, OVH fédère une cinquantaine d’éditeurs de logiciels avec l’opération #Open_solidarity. Objectif : accélérer la transformation numérique, notamment le télétravail, en proposant durant la crise des applications Cloud gratuites. Au menu : bureau virtuel (USD Enterprise), solution universelle de paiement distant (Link2Pay), télétravail sécurisé (Systancia, XignSys), vidéoconférence (Irontec, Linagora, Worteks, visio4you, épizee), tableaux de bord dynamique (Digdash), partage de fichiers cryptés (Ercom), événements en Live Streaming (EasyBroadcast), travail collaboratif (netframe, Rainbow), réseau social d’entreprise (Jamespot, Whaller)…

Les visionnaires de la digitalisation de seconde génération sont allés un cran plus loin. Ainsi l’agence immobilière Homeloop, créée en 2016, achète cash les biens afin de réduire de six mois à deux semaines les transactions immobilières sur sa plateforme Cloud. « Grâce à un tuto vidéo , nous assistons les vendeurs pour qu’ils réalisent eux-mêmes avec leur smartphone la visite virtuelle de leur bien. Sans rien oublier. Puis ils téléversent leur vidéo sur notre site. À l’aide de nos algorithmes, notre équipe développe son expertise, décrit Aurelien Gouttefarde, PDG de Homeloop. Ensuite, nous utilisons la signature électronique de YouSign pour le compromis de vente et celle de DocuSign pour finaliser à distance la vente chez l’une des deux études notariales partenaires. » L’agence a pu ainsi faire une vente et un compromis en plein confinement. De son côté, la plateforme JusticeCool, créée en janvier dernier, recourt à l’intelligence artificielle afin de désamorcer les conflits en faveur de la médiation pour les lignes de moins de 5 000 euros. Pour sa part, le syndic de copropriété Bellman s’appuie sur son portail de services Cloud pour organiser quatre à cinq assemblées générales par jour en visioconférence.

« Le digital est entré en force au cœur des entreprises confinées. Avec le retour à la normale, espérons qu’elles ne relâchent leur effort, confie Godefroy de Bentzmann, président du Syntec numérique. Cette période révèle aussi notre dépendance numérique aux acteurs étrangers. Nos entreprises ont besoin d’alternatives françaises et européennes. » Parmi celles-ci, citons Rapid.Space, un Cloud souverain de nouvelle génération 100 % Open Source, fruit des français Amarisoft et Nexedi. « Cette offre fusionne toutes les couches d’un Cloud mondial et un réseau de télécommunications 5G, décrit Jean-Paul Smets, PDG de Nexedi. Ce Cloud s’affranchit des réglementations extra-territoriales, comme le Cloud Act américain. En effet, dans chaque pays, même en Chine, une société de droit local possède les machines mais pas l’exploitation du système. » Ce pied de nez donne de l’espoir aux PME européennes qui veulent de se déployer à l’international sans perdre leur liberté.

Cloud : 10 questions essentielles que doit se poser tout entrepreneur

Public, privé, hybride, multi-marque, souverain… En dix ans, le cloud s’est complexifié. Rappel sur les points fondamentaux qui concernent les chefs d’entreprise.

Qu’est-ce que le Cloud Computing ?

Le Cloud est un espace virtuel sur Internet dont les services sont accessibles à la demande par les entreprises et le grand public. Aussi bien à partir d’un smartphone ou d’une tablette que d’un PC. Avec le IaaS (Infrastructures as a Service), on consomme les éléments d’infrastructures à l’usage : puissance de calcul (CPU), mémoire (RAM), espace de stockage des données, serveurs, bande passante… Quant au PaaS (Platform as a Service), il fournit un environnement pour développer, tester, gérer et mettre à disposition des utilisateurs finaux les applications SaaS (Software as a Service) les plus diverses.

Quand choisir le Cloud public ?

Avec le Cloud public, un même opérateur mutualise ses services dans plusieurs Data Centers. L’intérêt du Cloud public, c’est qu’il permet de développer des applications qui réclament les technologies les plus avancées (Containers, API, IA, solutions de gestion de la donnée…). Ou de profiter d’une très grande flexibilité pour accroître, voire réduire, la puissance des infrastructures.

Quelles garanties de service exiger ?

Les clauses de garantie de niveau de service sont à regarder à la loupe. En cas de problème technique, plus le temps d’intervention est court, plus les tarifs sont élevés. Il faut aussi éviter le « Vendor Locking » qui piège l’entrepreneur. Celui-ci veillera en particulier à la réversibilité. À savoir la possibilité de migrer ses données et ses applications développées sur le PaaS de X vers le Cloud public de Y. Certes, la réversibilité se généralise. Mais certains opérateurs ont des tarifs prohibitifs en matière de migration des données.

Quand opter pour le cloud privé ?

Lorsque l’entreprise exerce une activité sensible, voire critique, ses clients ou la réglementation peuvent lui imposer de recourir à un cloud privé. Ce service bénéficie d’une infrastructure dédiée et sur mesure. Il sera plus cher si l’entreprise installe et opère son Cloud privé dans ses locaux que si elle le confie à un hébergeur tiers.

Quels sont les avantages du Cloud hybride ?

Pour des raisons de coût ou de sûreté, le chef d’entreprise pourra s’intéresser au Cloud hybride qui combine Cloud public et Cloud privé. Par exemple, le site de e-commerce sera dans le Cloud public. À la hausse ou à la baisse, la taille de ce service variera au gré de l’audience. En revanche, les parties les plus critiques seront protégées dans un Cloud privé. Comme la base de données Clients, la R&D ou le savoir-faire technique…

Quand recourir au multi-cloud ?

Que ce soit pour diversifier leurs achats ou pour se rapprocher de leur zone de chalandise dans le monde, les multinationales passent par des opérateurs de Cloud de marques différentes. C’est le multi-cloud.

Comment s’y retrouver dans le maquis des tarifs ?

Avec plus de 200 services à la demande chez certains opérateurs de Cloud public, difficile de prévoir les coûts ! Bien sûr, les tarifs sont clairement affichés. Mais, les services se révèlent souvent d’un usage complexe que prévu. En outre, ces services ne sont pas facturés au prix selon les marques. D’où l’intérêt de consulter les FinOps, les experts des opérations Cloud, pour essayer de bien dimensionner les Opex.

Qu’est-ce que l’extra-territorialité ?

Par le Cloud Act de 2018, les forces américaines de l’ordre ont le droit de contraindre les fournisseurs de Cloud américains (ou étrangers lorsqu’ils opèrent aux États-Unis) de fournir les données stockées sur leurs serveurs. Qu’ils soient situés aux États-Unis ou à l’étranger. Sans que l’individu, l’entreprise ou le pays de résidence n’en soient informés. Ce principe d’extraterritorialité est également appliqué par le gouvernement chinois.

RGPD : où se situe le curseur des responsabilités ?

En cas de fuite de données personnelles, le Règlement européen sur la protection des données personnelles, prévoit un large spectre de responsabilités. Sont concernés les opérateurs Cloud, les intégrateurs, les entreprises de services numériques ainsi que tout prestataire qui a accès aux données personnelles. Là aussi, il faut passer tous les contrats au peigne fin.

Quelles normes exiger ?

Comme pour tout fournisseur, l’entrepreneur a intérêt à exiger les normes et certifications auxquelles se conforment ses opérateurs de Cloud : ISO 9001 pour l’assurance qualité, ISO 14001 (norme environnementale), ISO 27001 pour la sécurité des systèmes d’information, HDS pour l’hébergement de données de santé) ou encore PCI-DSS pour la sécurité de la chaîne monétique…

Le Comptoir Volant passe au Click and Collect avec Dood

Cette enseigne lilloise gère un restaurant et trois Food Trucks qui distribuent des burgers prépayés et à emporter grâce à une application communautaire.

Avec la fermeture des restaurants de quartiers ou d’entreprise, bon nombre de salariés n’ont pas d’autres solutions que de se préparer un repas à emporter ou de s’acheter un sandwich. Or, à l’heure du déjeuner, les points de vente sont régulièrement pris d’assaut. Notamment dans les quartiers d’affaires. D’où l’intérêt de commander son menu en Click and Collect. « Cette fonctionnalité permet de passer commande depuis Internet, de la payer puis de la retirer à l’heure choisie. Ce qui évite de faire la queue », explique César Toulemonde, le dirigeant de Comptoir Volant, une entreprise spécialisée dans la vente de burgers de qualité. Cofondée en 2013 avec son associé Grégoire Chaignaud, cette PME lilloise d’une vingtaine de personnes réunit sous sa bannière trois FoodTrucks et un restaurant situé dans le Vieux-Lille. Ces quatre commerces ont été fermés pendant un mois. Le temps pour l’entreprise de se réorganiser afin de sécuriser l’activité de ses salariés en vue de la reprise. Mais aussi d’entamer la digitalisation de son activité avec la création d’une boutique électronique sur Dood, la plateforme communautaire éditée par Miam Company.

Lancée l’an dernier, cette application disponible pour PC et smartphone permet aux internautes de géolocaliser autour d’eux des restaurants ou des commerces alimentaires de proximité. À la différence de bon nombre de plateformes concurrentes, l’ouverture d’une boutique sur Dood ne réclame que 24 heures. À condition bien sûr de disposer de tous les éléments nécessaires. Autre atout, sa fonction « Click and Collect », un mode d’achat qui est réputé augmenter le panier moyen sur Internet. En cette période de crise sanitaire, cette option fait un véritable carton selon l’éditeur de Dood. Lequel a peaufiné cette fonction grâce à des algorithmes qui calculent le cadencement des commandes à la minute près. Le créneau de collecte proposé aux internautes prend en compte plusieurs paramètres. À savoir, l’horaire choisi par l’internaute (par exemple 12h24), le temps de préparation nécessaire à sa commande et à celles qui ont été préalablement passées par d’autres clients. Ce type d’outil souvent réservé aux grandes enseignes facilite la vie des commerçants et des restaurateurs en respectant les temps nécessaires à la production de sorte à mieux maîtriser et contrôler les flux de commande.

Depuis le lancement de la plate-forme il y a un an, près de 400 entreprises ont souscrit un abonnement à la plateforme Dood, principalement dans la région Auvergne-Rhone-Alpes. Depuis le début du confinement, les demandes affluent de partout en France. D’ailleurs, l’éditeur a prévu d’organiser son lancement national à Lille où opère Le Comptoir Volant. « Nous avions signé avec l’éditeur en février, juste avant le confinement mais nous avons déployé l’application à la mi-avril », se souvient César Toulemonde. Après un mois de confinement pour ses salariés et pour lui-même, le dirigeant a décidé de rouvrir son restaurant le 15 avril. Les burgers sont vendus soit par la plateforme de livraison Deliveroo soit via sa boutique en ligne. Ouverte sur Dood depuis le 15 avril dernier, elle est interfacée avec le site institutionnel du Comptoir Volant via un simple lien proposant le Click and Collect.

L’entrepreneur y pointe plusieurs avantages. « Autrefois, les clients appelaient pour passer commande, c’était chronophage pour nos employés qui étaient obligés d’interrompre leur tâche pour prendre les appels », indique le dirigeant. Autre avantage, le temps d’attente est réduit à 3 minutes contre 5 à 10 minutes auparavant. En outre, comme le paiement se fait en ligne, il n’y a plus d’argent à encaisser. Ce qui limite les risques de contamination entre le personnel et les clients. Sans déshumaniser pour autant la relation commerciale. « En effet, lorsque les clients viennent retirer leurs menus, nous en profitons pour échanger avec eux », souligne l’entrepreneur.

Fort de cette expérience réussie, César Toulemonde a étendu le Click and Collect à ses trois Foodtrucks. Ces points de vente ambulants sont stationnés sur des parkings qui ne pas reliés à un Wi-fi Public. Or, pour recevoir les commandes qui transitent par Dood, il leur est nécessaire d’être connecté à Internet. Pour résoudre le problème, le Comptoir Volant a prévu d’équiper chacun de ses Foodtruck d’un routeur qui les connecte à la toile. Dans une prochaine étape, César Toulemonde prévoit de pousser plus loin la digitalisation de son activité. Notamment en interfaçant le logiciel de caisse de ses restaurants et de ses Foodtruck avec la plateforme Dood. De quoi gagner du temps en gestion.

Grégoire Chaignaud (à gauche) et César Toulemonde, les deux cofondateurs du Comptoir Volant
©D.R

Créer une filière industrielle en deux semaines

Avec sa plateforme prédictive d’économie circulaire, Inex Circular a contribué à bâtir bénévolement une filière complète pour produire du gel hydroalcoolique. En deux semaines, son équipe huit personnes est parvenue à recruter et gérer un bataillon de 119 démarcheurs volontaires. Grâce au cloud.

À l’origine, en 2012, Inex Circular exerçait dans le conseil en développement durable. Dès sa reprise en 2017, Olivier Gambari, PDG, Pierre Beuret, DG, la font basculer dans la numérisation des processus de l’économie circulaire. Ils mettent au point une plateforme Cloud, Inex Sourcing, qui s’appuie sur l’Open Data, à savoir 5 000 bases de données librement disponibles en Europe. « À partir de là, l’intelligence artificielle (IA) nous aide à prédire où seront produits quels déchets à valoriser, en quelle quantité et avec quelle qualité », explique Olivier Gambari, 42 ans, diplômé de Telecom Paris Tech. Grâce à cette cartographie numérique, les « chasseurs de gisements » trouvent la matière (biomasse, métaux, plastiques, papier…) dont ils ont besoin.

Explosion de la demande

« Dans ce secteur très peu digitalisé, les énergéticiens ont rapidement réagi », reprend le PDG d’Inex Circular qui, avec huit salariés, compte réaliser 750 000 euros de chiffre d’affaires cette année. Engie détermine ainsi où implanter des unités de méthanisation. De son côté, GRDF élabore les schémas directeurs pour la distribution de biogaz. Pour sa part, Veolia recherche des biodéchets en France mais aussi en Allemagne pour fabriquer du bio-méthane. Autre exemple : un papetier récupère désormais par milliers de tonnes des rebus de dorsale d’étiquette qui, jusqu’ici, étaient incinérés. Avec cette matière noble, il fabrique désormais un papier de haute qualité. « Durant le confinement, les industriels ont dû stopper brutalement le démarchage en porte à porte pour déceler les gisements de déchets. Nous avons alors enregistré une explosion de la demande. Nous faisons de huit à 30 démonstrations par semaine ! », se réjouit l’entrepreneur qui a levé un million d’euros auprès d’Engie Ineo, NCI, Paris Business Angel et Badge.

Au début du confinement, ce « Tinder des déchets », accéléré par Antropia Essec, Polytechnique et SAP.iO, a été sollicité par la CCI Grand-Est ainsi qu’avec l’Agence régionale de santé (ARS) de la même région Grand-Est. Objectif : trouver les stocks de matière première (éthanol, alcool, peroxyde d’hydrogène, glycérol, glycérine…) pour mettre en place d’une filière de production de gel hydroalcoolique à destination des hôpitaux. « En fait, il n’y avait pas de pénurie de matières premières. Nous sommes allés principalement vers les industriels alternatifs », se souvient Olivier Gambari.

Une valeur de 75 millions d’euros générée en six semaines

La société a alors identifié près de 4 000 entreprises potentielles à démarcher. Beaucoup trop pour seulement huit collaborateurs. Partant dans une démarche bénévole et citoyenne, Inex Cicular parvient alors à recruter 119 démarcheurs volontaires sur les réseaux sociaux, ouvre un formulaire de saisie des résultats de démarchage sur Google Sheet et organise des séances de formations distantes sur Zoom. Chaque démarcheur avait 15 à 20 entreprises à interroger et renseignait le tableau en ligne : matières, stocks, quantités, gratuites, payantes, à quel prix, aspects logistiques… 3 000 entreprises ont été contactées.

Peu à peu lma démarche s’est étendue à toute la France. Les flux ont été orientés par les CCI et les ARS vers des entreprises de cosmétique, des pharmaciens, des sociétés de dératisation inscrites qui ont utilisé des formulations de l’OMS. Bref, une filière industrielle complète a ainsi été structurée en deux semaines ! Résultat, 61 millions de flacons représentant une valeur de 75 millions d’euros ont été fabriqués en six semaines. « Nous avons été surpris par une immense générosité. Outre les volontaires, beaucoup d’industriels ont donné leur matière première, constate Olivier Gambari. D’autres, notamment des distilleries, ont pu la vendre pour garder la tête hors de l’eau. »

Les cofondateurs Olivier Gambari (premier à gauche au premier plan) et Pierre Beuret (juste à côté) sont respectivement PDG et DG. Cette équipe de huit personnes a mis sur pied une équipe de 119 démarcheurs volontaires pour créer une filière de gel hydroalcoolique.
©Inex Circular

L’école d’Omnis fait sa révolution numérique avec la plate-forme Discord

Située à Strasbourg, l’entreprise qui opère l’école supérieure de Commerce et de Management est passée en quelques jours d’un mode présentiel à un enseignement sur Internet. Grâce à ce basculement, il n’y a eu aucune rupture des cours.

Une poignée de jours, c’est le temps qu’il a fallu à Omnis, propriétaire de l’École supérieure de commerce et de management de Strasbourg, pour faire sa révolution numérique. « À l’annonce du confinement obligatoire par Emmanuel Macron, nous nous sommes organisés durant le week-end afin de poursuivre nos cours sur la plateforme Cloud Discord », se souvient Robert Fedida, fondateur et président de cette entreprise. Créée il y a 20 ans avec la région Alsace et une vingtaine d’autres actionnaires, cette PME réalise 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019 avec une cinquantaine de salariés et d’intervenants. Les cours sont dispensés à 400 étudiants. Dont 150 sortent chaque année diplômés.

Bon nombre de ces étudiants sont adeptes de l’application Discord de l’éditeur éponyme. Développée aux États-Unis, cette plateforme de jeu, de réseau social et de visiochat compte dans le monde plus de 250 millions utilisateurs. Parmi lesquels figurent des enseignants d’Omnis qui l’ont vivement recommandée auprès de leur direction, appuyés en cela par des étudiants de l’école. Principaux atouts de cette application, sa facilité d’utilisation et sa capacité à créer des salons personnalisés dans lesquels les participants peuvent discuter à l’oral ou à l’écrit. En outre, les administrateurs peuvent décerner des rôles, créer des plannings, accorder des autorisations, etc. Autant de fonctionnalités qui ont permis à de nombreuses écoles en France et à travers le monde de poursuivre leur activité sur le Net.

« En deux jours, notre équipe a reproduit à l’identique le fonctionnement de l’école avec ses salles de classe, le bureau d’accueil, etc », se souvient Robert Fedida. Lequel s’intéresse depuis de nombreuses années à l’enseignement à distance. Un projet qui , jusqu’ici, suscitait des réticences tant du côté des étudiants que des enseignants. « Avec le confinement, il s’est passé une sorte de miracle qui a fait qu’en une semaine l’esprit, la méthode et l’aptitude de nos équipes nous ont permis de poursuivre sans rupture son seulement les cours mais aussi les épreuves », sourit le fondateur de l’école. Ce dernier se félicite aujourd’hui d’un taux d’assiduité de l’ordre de 95 %. « En outre, des étudiants qui ne prenaient jamais la parole en classe se sont révélés. À présent, ils interviennent sans craindre le regard des autres », fait valoir Catherine Bucher, la responsable pédagogique. Laquelle estime que les cours à distance aident à personnaliser davantage la formation en offrant plus de souplesse pédagogique aux enseignants.

Sur Discord, ils donnent leurs cours magistraux en vidéo, partagent leur écran et distribuent des exercices aux étudiants. Ces derniers peuvent les télécharger sur la plateforme ou sur l’intranet de l’école qui est en service depuis une quinzaine d’années. En cas de problème technique, les administrateurs de la plate-forme à l’école se chargent du dépannage. Une Hot Line a d’ailleurs été créée afin de répondre aux utilisateurs.

Transformation radicale : « Nous avons décidé de poursuivre jusqu’à la fin de l’année universitaire les cours sur le Net. Nous arrêtons le présentiel et donnons la possibilité à des étudiants de rencontrer individuellement les professeurs au sein de l’école », annonce le président de l’école qui est, par ailleurs, fondateur du Campus privé d’Alsace. Regroupant 1 000 étudiants répartis sur plusieurs écoles, ce dernier est passé, à la demande de ses enseignants à la plate-forme collaborative Microsoft Teams. À l’instar de Discord, celle-ci est gratuite. Pour l’heure, la transition numérique de ces établissements n’a nécessité aucun investissement. « L’année prochaine, nous modéliserons l’enseignement à distance. Il nous faudra sûrement développer des compétences et mobiliser des moyens humains supplémentaires », prévoit Robert Fedida.

L’école a fait sa révolution numérique en utilisant une plateforme de jeu, de réseau social t de visiochat.
©Omnis

© Eliane Kan et Erick Haehnsen