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Le mot de la semaine : Ecologique

Publié dans La Tribune le 19 mars 2019. A l’approche des élections européennes, écologie rime plus que jamais avec social. Comme l’illustre le récent « pacte écologique et social » annoncé par Nicolas Hulot et Laurent Berger. De nombreux dirigeants montrent que l’écologie et le social relèvent du pragmatisme.

Distiller l’écologie dans le management des entreprises revient à lutter contre la fin du monde et, à la fois, à batailler pour la fin du mois. Sur cette idée, dix-neuf organisations ont cosigné le 5 mars dernier un « pacte écologique et social ». Et ce, en réponse au grand débat national qui voudrait s’imposer comme la voie de sortie dans la crise des gilets jaunes. Annoncé dans une interview croisée de Nicolas Hulot, précédent ministre de l’Environnement, et Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, publiée par notre confrère Le Monde, ce pacte comporte 66 mesures.

Distiller l’écologie dans le management des entreprises revient à lutter contre la fin du monde et, à la fois, à batailler pour la fin du mois. Sur cette idée, dix-neuf organisations ont cosigné le 5 mars dernier un « pacte écologique et social ». Et ce, en réponse au grand débat national qui voudrait s’imposer comme la voie de sortie dans la crise des gilets jaunes. Annoncé dans une interview croisée de Nicolas Hulot, précédent ministre de l’Environnement, et Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, publiée par notre confrère Le Monde, ce pacte comporte 66 mesures.

Et les entreprises pionnières de montrer la voie. En témoigne Marie-Françoise Brizard qui, avec son mari Luc, exploite un élevage de 50 bovins à la ferme Sainte-Anne en Mayenne : « Il nous a fallu 20 ans, depuis 1999, pour construire un agrosystème autonome et biologique, capable d’alimenter nos bovins. Pour y parvenir, nous pratiquons l’agriculture biologique de conservation. Laquelle réduit le travail du sol au minimum et s’affranchit des molécules chimiques (engrais et pesticides) afin de préserver des sols vivants. » Principale raison : « Donner du sens à notre métier et construire un système de santé qui va du sol jusqu’à l’Homme. » Rien de moins.

Marie-Françoise et Luc Brizard ne sont pas seuls. « On assiste à un véritable changement générationnel dans l’industrie, constate Stéphane Gilbert, président fondateur d’Aquassay, une start-up qui s’apprête à déployer ses boîtiers électroniques connectés conçus pour rationaliser les ressources en eau industrielle auprès de 200 usines dans 25 pays. Ces dirigeants de 40 à 60 ans ont intégré dans leurs processus de gestion la nécessité de préserver les ressources naturelles. L’écologie, c’est une meilleure rentabilité. Cette approche libère leur imagination et leur appétence pour les technologies innovantes. »

Illustration avec Emmanuel Brugger, 47 ans, DG de Cristel (12,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, 100 salariés), leader mondial dans le culinaire (casseroles et poêles) inox haut de gamme avec le concept à poignée amovible. « Nous avons commencé par concevoir des produits garantis à vie afin de rendre pérennes les ressources prélevées pour les fabriquer, explique-t-il. Dans cette logique, nous avons dû innover pour lancer le service de rechapage des produits revêtu d’anti-adhésif pour le tiers du prix. » Dans cet esprit, la société recycle intégralement l’eau qu’elle consomme et, depuis l’an passé, elle fonctionne ainsi en circuit fermé. Bien sûr, Cristel recycle ou valorise toutes ses déchets.

Reste à embarquer les collaborateurs dans cette démarche afin de bâtir une culture d’entreprise, notamment en embauchant un responsable Hygiène, Sécurité, Environnement (HSE). A cet égard, les référentiels des normes managériales ISO 9001 (assurance qualité), ISO 14 001 (environnement) et OHSAS 18001 (Sécurité et santé au travail) – bientôt remplacée par ISO 45 001 -, apportent également une précieuse aide méthodologique. Les sous-traitants ont particulièrement intérêt à s’y conformer. Notamment pour être référencés par les sociétés d’audit extra-financier comme Ecovadis qui qualifie plus de 20 000 sous-traitants pour 200 donneurs d’ordres dans le monde.

©Antoine Silvestri

Trois idées pour se préparer à la semaine

A lire : La digitalisation de la fonction RH

A l’instar des autres fonctions de l’entreprise, les ressources humaines sont en pleine mutation digitale. Sont apparus progressivement de nouveaux concepts comme le Chatbot, le e-Learning, l’IA, la réalité virtuelle qui transforment leurs processus. A commencer par le recrutement, la formation, la rémunération, la gestion des compétences, etc. En plus de dresser un panorama des nouvelles pratiques en cours, l’ouvrage donne aussi des clés d’analyse et des conseils pour réussir leur mise en œuvre. Les trois auteurs ont d’ailleurs recueilli le témoignage d’une trentaine de professionnels des RH qui partagent leur expérience et nous donnent leurs précieux points de vue.

La digitalisation de la fonction RH. Emmanuel Baudoin, Caroline Diard et Myriam Benabid. Transformation digitale de la fonction RH. Dunod. 2019

A voir : Sido 2019

Innovations, convergence technologique, économie et géopolitique, datas, cybersécurité… avec six conférences plénières et plus de 80 ateliers, le salon SIDO 2019 propose un programme en accord avec les préoccupations des entreprises en matière d’IoT, d’IA et de robotique. Laboratoires de recherche, bureaux d’études, fabricants de composants, d’objets intelligents, de robots, designers et intégrateurs de solutions, institutionnels, groupements, etc., le salon veut favoriser les coopérations et répondre aux demandes des donneurs d’ordres en proposant des solutions intégrées de bout en bout. Industrie, logistique, transports, énergie, BTP, Agritech, santé, Smart Citieset mobilités urbaines… tous ces univers sectoriels seront explorés.

Sido 2019, les 10 et 11 avril 2019, à la Cité Internationale de Lyon.
https://www.sido-event.com/conferences.html

S’engager : Jardiner en pleine ville

Si mettre les mains dans la terre ne vous effraie pas, venez donc jardiner sur les toits de Paris aux côtés des bénévoles de Veni Verdi. Cette association a pour objectif de créer des jardins en milieu urbain. A l’instar de cet espace de verdure 4 800 m² situé au sein d’un collège parisien du 20ème arrondissement. Les bénévoles sont invités à planter des fleurs, récolter légumes et aromates ou rénover ou encore créer du mobilier urbain. Pour sauter le pas, rendez vous sur la plate-forme de benenova.fr qui met en relation différentes associations avec des particuliers ou des entreprises désireux de s’engager dans des actions solidaires. Il suffit juste d’indiquer vos dates et durées de disponibilité ainsi que le type de public que l’on souhaite aider.

Chronique

Peut-on licencier pour faute grave pour des propos tenus sur les réseaux sociaux? Par Myriam Delawari-de Gaudusson, associée au cabinet d’avocats De Gaulle Fleurance & Associés

Afficher ses idées ou orientations politiques sur les réseaux sociaux autorise-t-il l’employeur, ne les partageant pas, à procéder au licenciement de celui qui les a publiées ? C’est le licenciement, fin 2018, de salariés d’Amazon d’un site basé dans la Drôme qui a mis a le feu aux poudres. Ces derniers étant également membres du mouvement des « gilets jaunes ». Le motif de faute grave a été invoqué en raison de posts de soutien et d’encouragement à ce mouvement qu’ils avaient publiés sur Facebook. Et qui visaient, notamment, à bloquer l’accès aux entrepôts du géant du e-commerce. Un des post litigieux indiquait : « Bravo à tous pour le blocage d’Amazon. Qu’est-ce que j’étais content d’être bloqué en sortant du boulot. Vendredi ça va être Black Out Friday. Je me joins à vous quand je ne travaille pas. Bloquez tout. »

Amazon considère que ce « comportement est en opposition totale aux valeurs de l’entreprise » et que les propos tenus « constituent un manquement grave à l’obligation de loyauté ». Le salarié en question minimise son implication en indiquant qu’il souhaitait simplement « remercier le mouvement des gilets jaunes » sans demander explicitement le blocage des entrepôts, et que ses propos sur le « Black Out Friday » ne visaient pas spécifiquement Amazon mais « toutes les entreprises de Montélimar ». A l’ère d’internet, comment concilier liberté d’expression et obligation de loyauté des salariés ?

A y regarder de près, la position d’Amazon se justifie au plan juridique compte tenu des circonstances spécifiques et de l’essor de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux, dont Facebook est le porte-étendard. Tant bien que mal, la jurisprudence évolue. Le fondement est l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 qui prévoit que : « la libre communication des pensées et des opinons est un des droits les plus précieux de l’Homme ». Le Conseil constitutionnel a adapté ce principe le 10 juin 2009 en posant que « la liberté d’expression et de communication par Internet est d’autant plus précieuse que son exercice est une condition de la démocratie, et l’une des garanties du respect des autres droits et libertés ».

Un salarié ne peut donc être sanctionné ou licencié pour ses opinions ou appartenances politiques qui, en qualité de citoyen, relèvent de sa sphère privée. Le soutien aux gilets jaunes sur le lieu de travail ou même sur les réseaux sociaux n’est pas interdit en tant que tel. Idem pour le message posté sur un réseau social lorsqu’il est dénigrant à l’égard de l’employeur au sein d’une conversation fermée sur Facebook regroupant un nombre limité de personnes. Protégé par le secret des correspondances, l’employeur ne peut l’exploiter pour sanctionner le salarié.

En revanche, si le message est accessible à tous, l’employeur aura la possibilité de sanctionner pour peu que son contenu porte atteinte à son image ou perturbe son fonctionnement pour violation à l’obligation de loyauté du salarié (article L. 1222-1 du Code du travail). Sauf abus. Or c’est justement l’abus qu’invoque Amazon. Le géant du e-commerce tente de démontrer la violation de l’obligation de loyauté lorsqu’il invoque  qu’il « ne faut pas que l’expression de cette opinion et les actions qui en découlent entravent votre travail ou celui des autres, et plus largement, désorganisent l’entreprise. »

L’avocate Myriam Delawari-De Gaudisson
©D.R