Vers un Cloud XaaS

[Paru le 09/10/2018 dans Les Echos] Dans le sillage des infrastructures physiques ou virtuelles et des plates-formes d’environnement de développement logiciel, tout devient « service » dans le Cloud. De l’intranet jusqu’au stockage des données, de la téléphonie sur IP jusqu’au paiement électronique.

Avec l’informatique dans le «« nuage » ou Cloud Computing,
tout devient service.
© CC Πrate

IaaS, PaaS, SaaS, DaaS, AaaS, XaaS… les technologies « as a Service » du Cloud fourmillent d’acronymes, témoignant que tout peut devenir « service ». Du calculateur virtuel jusqu’à une application de gestion de la relation client déployée mondialement. Comment s’y retrouver ?

Premier étage de la fusée, le IaaS, pour « Infrastructure as a Service », permet de louer à la demande les serveurs en choisissant la puissance des processeurs (CPU) et des mémoires, en passant par les baies de stockage des données et par les équipements de réseau. Les utilisateurs louent des équipements physiques ou virtuels lorsque ces infrastructures sont partagées. En quelques minutes, l’accès à la ressource part du simple serveur virtuel pour un jour, un mois ou un an jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de CPU physiques pour quelques heures ou quelques semaines. D’un clic, ce parc se redimensionne à loisir aussi bien à la hausse qu’à la baisse. Tout comme la facture. « C’est une incroyable souplesse par rapport aux infrastructures en propre qu’installent les entreprises qui ne sont utilisées qu’à 40 % ou 60 %. Ce qui largement sur-dimensionné », explique Hugues Heuzé, directeur de Nutanix France, un éditeur de logiciels pour infrastructures hyper-convergées. En revanche, les IaaS sont livrées quasiment « nues ». Il faut y installer tout ce qui les rend utiles : système d’exploitation (OS), outils d’administration, bases de données, applications…

D’où l’intérêt du PaaS, pour « Platform as a Service », qui fournit d’un côté. un portail de services d’automatisation pour piloter les ressources matérielles physiques ou virtualisées du IaaS. Et, de l’autre, un environnement de services logiciels pour développer, tester et exploiter des applications finales : OS, frameworks, compilateurs, éditeurs de code, bases de données SQL ou NoSQL, gestionnaires de fichiers, outils de tests, pare-feux… Les PaaS sont de véritables usines à fabriquer du code dans le Cloud. « En fonction de l’application cible, le PaaS permet d’utiliser des classes de services qui automatisent le déploiement d’un environnement de développement, décrit Hugues Heuzé. Par exemple, 200 conteneurs, trois serveurs d’application, deux pare-feux, trois services de réplication vers autant de Data Centers. Il suffit de cocher des cases. »

Au-dessus du IaaS et du PaaS, le SaaS (Software as a Service) recouvre pour sa part les applications « multitenant » qui sont partagées entre entités juridiques distinctes. Citons les applications de bureautique, de gestion de la relation client et de facturation. Mais, à cheval entre le PaaS et le SaaS, ont éclos plus de quatre-vingts types de service Cloud regroupés sous l’acronyme de XaaS, pour « Everything as a Service ». A l’instar de la famille du BPaaS (Business Process as a Service) qui fournit des services intégrables dans d’autres applications de type paiement électronique sécurisé. Citons aussi pêle-mêle le STOaaS (stockage des données), le TaaS (téléphonie IP), l’IDaaS qui centralise les identités numériques (annuaires, SSO, WebSSO), le NaaS (fonctionnalités de réseau), le DKaaS (service de poste de travail dans le cloud), l’INTaaS (service d’intranet)… Une chose est sûre : la famille XaaS ne va cesser de faire des petits.

Erick Haehnsen