United Biometrics sécurise les transactions sur mobile

[Paru le 15/06/17 dans Les Échos]. Figurant parmi les partenaires mondiaux d’IBM, cette start-up mise sur l’authentification multi-biométrique en exploitant les différents capteurs des smartphones, tablettes, PC, etc. De quoi sécuriser les transactions électroniques ainsi que le patrimoine industriel des entreprises. Par Erick Haehnsen

Christopher Richard (droite), président de United Biometrics, start-up qu’il a cofondée avec Yves Chemla, DG en charge des développements technologiques. © United Biometrics

« Face à la fraude bancaire massive sur Internet, la biométrie sur mobile va sécuriser les paiements et les virements », prédit Christopher Richard, président de United Biometrics, la start-up qu’il a cofondée en 2014 à Orsay

(91) avec Yves Chemla, DG en charge des développements technologiques. Leur idée repose sur l’utilisation d’une carte à puce ou une carte SIM dont le porteur est authentifié à l’aide d’un contrôle biométrique effectué au moyen d’un terminal mobile (smartphone, type tablette ou PC portable équipé d’un capteur biométrique). Cette authentification s’effectue en local ou à distance sur un serveur et vise protéger les paiements et autres transactions électroniques contre les cyberattaques.

 

Ces deux spécialistes de la biométrie ont déposé à l’Institut national de la propriété intellectuelle (INPI) une demande de brevet délivrée en 2006. Dans la foulée, deux autres demandes de brevet sont alors déposées. La première n’a abouti qu’en 2015 auprès de l’Office européen des brevets (OEB). Quant à la seconde, elle vient de faire l’objet d’une notification officielle du United States Patent and Trademark Office (USPTO) qui formalisera le brevet cette année pour le marché étasunien. Un délai qui prouve que le sujet est très sensible. « Jusqu’à présent, nous avons investi plusieurs centaines de milliers d’euros euros afin de protéger notre propriété intellectuelle face à des géants comme Apple ou Samsung », explique Christopher Richard.

En effet, United Biometrics authentifie l’utilisateur grâce à ses données biométriques préalablement chiffrées puis stockées sous forme d’un identifiant non biométrique. Surtout, cette authentification est multimodale car elle peut recourir simultanément à plusieurs biométries : empreinte digitale, reconnaissance de la voix, des veines de la main ou du visage. Sans oublier la biométrie comportementale (dynamique de la frappe sur clavier,  »chemin secret » du doigt sur écran tactile…).

Côté sécurité, United Biometrics exploitera la licence d’un brevet du CEA-List qui chiffre les données biométriques par cryptographie homomorphe. « Nous ne serons donc pas à l’origine d’un grand fichier central de données biométriques personnelles », fait valoir Yves Chemla qui collabore avec l’équipe de Christophe Rosenberger, responsable de l’équipe monétique et biométrie au laboratoire du CNRS-GREYC de Caen (14). De quoi légitimer davantage le projet. Qui plus est, la start-up se retrouve sur BlueMix, la plate-forme Cloud des partenaires mondiaux d’IBM. D’ores et déjà, des banques et de grandes entreprises se montrent intéressées. Dont Total qui apporte son soutien financier au travers de TDR (Total développement régional). Soutenue par

le Scientipôle d’Orsay et le pôle de compétitivité TES (Transaction électroniques sécurisée) de Normandie, la start-up est en passe de lever un million d’euros auprès d’investisseurs industriels. Objectif : embaucher une dizaine de personnes pour étoffer son équipe d’ingénieurs basée à Caen et monter une force commerciale.

Erick Haehnsen