Sophia Antipolis phosphore sur les technologies de la santé de demain

[Paru le 20/10/17 dans Les Échos]. La technopole accueille une quarantaine d’entreprises travaillant dans le domaine des sciences de la santé et la chimie. Dont trois PME qui font figure d’entreprises à forte croissance dans le domaine de l’imagerie médicale et des thérapies innovantes. Par Eliane Kan

La médecine du futur se concocte à Sophia Antipolis qui regroupe à elle seule une quarantaine d’entreprises spécialisées dans la pharmacie, la dermatologie et les biotechnologie et l’imagerie médicale. Ces disciplines bénéficient d’ailleurs des recherches menées par l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria). En témoigne, Median Technologies. Labellisée en avril dernier « Tech 40 » d’EnterNext, cette PME développe des logiciels pour l’imagerie médicale et délivre des services pour l’interprétation et la gestion des images en oncologie. C’est en 2002, année de sa création par son président et cofondateur Fredrik Brag, que l’entreprise a lancé sa première plate-forme logicielle d’aide au dépistage et au diagnostic de cancers basée notamment sur des travaux de l’Inria. 14 ans plus tard, Median Technologies, qui réalise un chiffre d’affaires de 6,5 millions d’euros avec 80 collaborateurs à Sophia et 20 à Boston (USA), mobilise 1/3 de ses effectifs en R&D. Sa nouvelle plate-forme d’imagerie phénomique a pour objectif d’identifier dans des images les signatures spécifiques de certaines maladies grâce à des algorithmes intégrant les dernières avancée en intelligence artificielle. Couplée à du Big Data, la plate-forme iBiopsy va contribuer au développement de la médecine prédictive et personnalisée qui vise à améliorer le dépistage, la prévention et les traitements en fonction des patients.

En matière de dépistage, Therapixel, une autre entreprise spécialisée dans l’imagerie médicale, suscite de grands espoirs. Créée en 2013, cette spin off de l’Inria développe des algorithmes d’intelligence artificielle afin d’améliorer les tests de dépistage du cancer du sein. De quoi diminuer le nombre d’examens inutiles. « Nous sommes en phase de R&D sur un logiciel qui automatise la lecture des images mammographiques de sorte à identifier et caractériser les anomalies », indique Olivier Clatz, le CEO et cofondateur de la startup. Ces travaux devraient aboutir par une mise sur le marché des produits d’ici 2 à 3 ans. Pour financer sa recherche, l’entreprise fournit aux CHU des logiciels de visualisation. Surtout, elle a levé un million d’euros – dont près de 450 000 euros auprès d’IT-Translation. « Une seconde levée est en cours », indique le PDG. Lequel a reçu en 2017 le prix de l’innovation en imagerie médicale décerné lors des Journées francophones de radiologie et le prix OVH Digital Launch Pad de la startup la plus innovante.

Enfin, en matière de thérapies innovantes, citons Therachon, une entreprise de biotechnologie spécialisée dans le traitement de l’achondroplasie, la forme la plus courante de nanisme génétique. En 2015, cette startup dont le siège est en Suisse a levé 35 millions de dollars pour développer une protéine susceptible de rétablir la croissance normale du squelette retardée par la mutation d’un gêne. Les recherches se basent sur les découvertes menées par la chercheuse Elvire Gouze. Travaillant à l’Inserm, elle est aussi la conseillère scientifique de Therachon qu’elle a créée en 2014 avec Inserm Transfert Initiative.

Eliane Kan