Sensivic donne des oreilles aux caméras de vidéosurveillance et aux centrales d’alarme

[Par le 11/04/17 dans Infoprotection.fr]. Cette entreprise française conçoit et développe des détecteurs intelligents capables d’identifier les anomalies sonores. Couplés à des caméras, ils aident les télésurveilleurs à voir automatiquement où se produisent les événements anormaux tels que les éclats de voix ou des coups de feu. D’autres modèles existent pour détecter des incivilités dans les halls d’accueil ou des tentatives d’effraction dans les lieux fermés. Par Eliane Kan

Éclats de voix, cris, bris de glace, choc, coup de feu… autant de bruits anormaux susceptibles d’attirer l’attention des détecteurs d’événements sonores conçus et développés par le français USS Sensivic. Installés à l’extérieur ou à l’intérieur des lieux publics, ses boîtiers analysent en permanence l’activité ambiante. En cas de sons inattendus, ils émettent une alerte auprès des téléopérateurs ou du responsable sécurité. « Ce qui permet de déclencher une levée de doute au bon endroit et au bon moment », explique Jean Demartini, cofondateur de l’entreprise USS Sensivic. Cet ingénieur, docteur ès Sciences, auparavant chercheur au CNRS, professeur des universités et enseignant à l’École polytechnique de l’Université de Nice, est spécialisé notamment en électronique, traitement du signal, intelligence artificielle et vidéosurveillance. Une expertise qui lui a permis de concevoir et de développer lui-même ses fameux détecteurs. Une vingtaine de communes les ont d’ailleurs acquis pour les coupler à leurs caméras de vidéosurveillance. Grâce à cela, à chaque fois qu’un son anormal retentit, la caméra regarde automatiquement en direction du bruit. Ce qui facilite le travail des téléopérateurs.

Algorithmes de Machine Learning embarqués

Pour parvenir à un tel résultat, les détecteurs ont recourt à l’intelligence artificielle et plus particulièrement à des algorithmes de Machine Learning qui vont apprendre à détecter par eux-mêmes si un bruit est anormal ou non. Les détecteurs prennent en compte la signature sonore des lieux associés à plusieurs paramètres tels que le niveau de décibels, l’énergie et la puissance sonore déployés.

Fabrication dans les Alpes-Maritimes

USS Sensivic a développé sur ses fonds propres la technologie ainsi que plusieurs modèles de boîtiers. Outre le Sound Scanner dédié à la vidéosurveillance urbaine, citons Muty pour la détection des incivilités dans les agences bancaires, Soko pour les tentatives d’effraction à l’intérieur de lieux fermés ou encore Lasco qui détecte, selon l’option choisie, les sirènes, les outils rotatifs (de type perceuse) ou les incivilités. « Avec nos différents modèles, nous nous adressons aux centres commerciaux, établissements de soins et autres lieux recevant du public », explique Jean Demartini. Avec Pascale, son épouse, il a créé en 2015 leur entreprise basée à Grasse (Alpes-Maritimes) où sont produits les détecteurs. Ces derniers se présentent sous la forme de boîtiers.

Lauréat des Trophées de la sécurité

Embarquant un calculateur sur lequel tournent les algorithmes d’intelligence artificielle, ces capteurs sont équipés d’une antenne acoustique qui sert à détecter la direction d’où vient le son. Point fort, les boîtiers s’intègrent avec n’importe quels VMS (Video Management System) et centrales d’alarme. Autant de points forts qui ont valu à USS Sensivic de remporter en septembre dernier à Paris la médaille d’or des Trophées de la sécurité dans la catégorie  »protection des sites ».

Eliane Kan