Safe Cluster veut doper l’innovation en sécurité et sûreté

Basé à Aix-en-Provence, ce pôle de compétitivité issu des pôles Risques et Pégase se spécialise dans la sécurisation des Smart Cities et dans les tenues connectées pour les agents de sécurité et les pompiers.

AmbuCom est un projet d’ambulance connectée qui fait remonter vers le centre hospitalier toutes les données sur le blessé collectées auprès des appareils médicaux installés à bord. © TPL

Fruit de la fusion des anciens pôles de compétitivité Risques (gestion des risques environnementaux, naturel et industriels) et Pégase (technologies aéronautiques et aérospatiales), le Safe Cluster compte actuellement 450 adhérents, 241 projets de recherche collaborative labellisés pour lesquels sont mobilisés 579 millions d’euros (dont 230 millions d’aides publiques) et une vingtaine de salariés. « Nous avons resserré notre problématique sur la sécurité. A savoir les risques naturels, industriels et technologiques ainsi que la sûreté. En parallèle, Nous avons aussi la volonté de valoriser des briques technologiques issues du secteur aéronautique sur les marchés de la prévention des risques et de la sûreté-sécurité », explique Guillaume Riou, responsable de programme du pôle de compétitivité Safe Cluster, basé à Aix-en-Provence (13).

60% des TPE et PME

Parmi les grands noms de l’industrie, le pôle Safe rassemble Airbus Defense & Space, Bureau Veritas, Engie, Onet (pour ses activités en sécurité), Spie, Thales … Côté académique, citons Aix-Marseille Université, l’École nationale supérieure des arts et métiers (Ensam), l’Institut national de recherche en informatique et automatique (Inria), l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea), l’Office national d’études et de recherches aérospatiales (Onera), Mines Paris Tech. Sous tutelle de la Direction générale de l’armement (DGA), Safe Cluster cible les TPE et PME qui représentent 60% des adhérents. Dans ce contexte, le pôle monte des missions à l’export avec Business France. Notamment en Arabie Saoudite), en Inde (septembre prochain), en Algérie (novembre), au Japon (fin septembre) et au Danemark (octobre).

Intervention NRBC robotisée

Parmi les programmes d’innovations réalisés par les membres du Safe Cluster, le projet Sispeo (Système d’Intervention Sapeurs Pompiers robotisé, robot opérationnel d’assistance à la détermination de la menace pour les premiers secours), porté par la PME Eca Robotics, propose Camaleon NRBC, un robot terrestre d’intervention destinée à pour protéger les personnels des services de sécurité, notamment les sapeurs-pompiers du SDIS 13, en cas de crise nucléaire, radiologique, biologique ou chimique (NRBC) pendant ou après la catastrophe. Autre projet, Lito-CMS est né après la tempête Xyntia. Porté par BRL Ingénierie, celui-ci porte sur un système de surveillance et d’astreinte face au risque de submersion marine des zones côtières. Achevé en 2015, le service Lito-CMS est à présent opéré par Predict Services, une filiale de BRL Ingénierie.

De son côté, le projet Ambucom, auquel participe Airbus Defence & Space, vise à développer une ambulance connectée qui fait remonter automatiquement et directement vers le centre hospitalier toutes les données sur le blessé collectées auprès des appareils médicaux installés à bord. Piloté par la société TPL, une PME basée à Sarlat (24), Ambucom devrait aider les hôpitaux à préparer le bloc opératoire en avance de phase avec les bonnes données sur le blessé. Pour sa part, le projet ExtremOwl HMSD (Helmet Mounted Sight & Display), piloté par NexVision, concerne un casque de vision nocturne pour les pilotes d’hélicoptères ou les avions bombardiers d’eau qui interviennent dans la lutte contre les incendies de forêt. Il implique l’Institut de recherche biomédicale des armées (Irba), le Laboratoire de psychologie et neurocognition (LPNC) de Grenoble, le Service départemental d’incendie et de secours de Haute-Corse (SDIS 2B) ainsi que deux autres PME, Elno, le fournisseur du casque et Savimex pour la visière.

Les projets en cours

« A présent, nous essayons de faire émerger des projets sur quatre lignes d’action », reprend Anna Philippe. A commencer par la résilience des territoires aux catastrophes en tout genre : attentats terroristes, sûreté urbaine, risques naturels. En cours de définition, cette ligne d’action s’élabore en particulier avec la ville de Cannes – qui a connu le terrible attentat terroriste au camion le 14 juillet 2016. Dans ce contexte, le projet Safe City – financé mais pas commencé – compte, sous la houlette de Thales, réaliser des démonstrations de sûreté urbaine en faveur de l’anti-terrorisme sur deux sites d’expérimentation à Paris-La Défense et à Nice. A côté de ce projet, Safe Cluster veut phosphorer sur la protection des sites sensibles en matière de sûreté contre les actes de malveillance. Au programme : lutte anti-drone, protection périmétrique des sites, contrôle d’accès. « L’idée, c’est d’aboutir à une offre complète. Le projet devrait démarrer début 2018 », souligne Anna Philippe. Troisième ligne d’action, la sécurisation des sites sensibles, notamment ceux qui accueillent du public (stades, gares…). Parmi les innovations envisagées, les acteurs de Safe Cluster veulent plancher sur des casques de réalité augmentée ainsi que sur des tenues, gants, chaussures et exosquelettes connectés. « Ces équipements serviront à la fois aux agents de sécurité, aux agents de maintenance et aux sapeurs-pompiers », précise Anna Philippe.

© Erick Haehnsen / TCA-innov24