Le stress augmenterait de 42% le risque de fausse couche

Selon une étude effectuée par le Département de Psychologie de la City à l’Université de Londres, le stress psychologique auraient un impact hormonal extrêmement nocif sur les débuts de grossesse.

Le stress pourrait entraver les voies biochimiques
nécessaires au maintien de la grossesse. ©  Pixabay

Misogynie, deadlines, horaires à rallonge, incertitudes face au lendemain, difficultés financières, pressions managériales… Alors que le stress au travail prend de multiples formes, c’est généralement le risque d’un burn-out qui fait frémir. Or une étude vient de soulever un problème d’égale envergure : l’exposition au stress psychologique aggraverait de 42% le risque de fausse couche chez les femmes enceintes.

L’urgence de traiter les facteurs psychologiques

Réalisée par les professeurs du département de psychologie de la City à l’Université de Londres et publiée dans la revue Scientific Reports, cette étude tire la sonnette d’alarme pour les employées qui souhaitent créer une famille. « Cette analyse souligne la nécessité d’inclure dans les soins prénatals de routine une évaluation psychologique structurée au début de la grossesse, expliquent les auteurs. Notre travail a démontré une base potentielle pour des interventions nouvelles et efficaces dans ce domaine car nous devons d’urgence identifier et traiter les facteurs psychologiques qui contribuent à ces issues malheureuses »

Un risque d’autant plus grand en début de grossesse

Tout d’abord, il faut savoir que le risque de fausse couche ou d’avortement spontané est particulièrement important en début de grossesse. Les risques de complications s’avérant de 20% plus élevés avant les 24 semaines de gestation. Et ce, dans 12% à 15% des grossesses cliniquement reconnues. Un taux qui pourrait être encore plus élevé si l’on prenait en compte le nombre de fausse couche non signalés, notamment en cas de perte prématurée du foetus.

Une opération de méta-analyse

En cause, l’étude pointe du doigt les niveaux de détresse pour les femmes, leurs partenaires et leurs proches. A ce titre, une seconde étude, « The association between psychological stress and miscarriage : A systematic review and meta-analysis » coécrit par des chercheurs de la Cit (University of London), de l’UCL (University College London) et de l’Université du Zhejiang, R.P. Chine, vient étayer ce fait. Pour fournir les preuves nécessaires à démontrer le lien entre stress et fausse couche, les chercheurs ont épluché de nombreuses documentations scientifiques à ce sujet afin de procéder à une méta-analyse. Ainsi ont-ils pu identifier huit études signalant des fausses couches chez des femmes ayant subi des situations de stress. Par la suite, une méta-analyse a été réalisée à l’aide d’un modèle à effets aléatoires, comprenant des tailles d’effets pondérés par la variance d’échantillonnage.

Les situations de détresse auraient un impact hormonal

Parmi les facteurs de stress qui ont été identifiés comme ayant un impact sur la grossesse, les chercheurs dénoncent les traumatismes émotionnels, les problèmes de trésorerie et bien sûr la charge trop importante de travail. A cela s’ajoute également les changements importants de la vie tels que le divorce et les décès. Pour expliquer cela, les chercheurs estiment qu’une situation de détresse durant une grossesse pourrait entraver certaines voies biochimiques nécessaires au maintien de la grossesse, avec l’activation de plusieurs hormones. Ce qui conduirait donc à un risque élevé de fausse couche.

Ségolène Kahn

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