L’agriculture, un marché segmenté en décroissance

 

[Publié le 17/11/17 dans L’Officiel des Transporteurs]. La production agricole a diminué de 6,6% en 2016 par rapport à l’année précédente. Si la production animale enregistre la baisse la moins forte du secteur (-1%), la récolte céréalière s’est effondrée (-25%). Par Caroline Albenois

Ce sont les rendements les plus faibles depuis 30 ans. « La valeur ajoutée de l’agroalimentaire français a chuté de 10% par rapport à 2015 », confirme Thierry Pouch, responsable du service études et prospective au ministère de l’Agriculture. La production végétale a baissé de 9%, la production animale de 1%, après deux années de hausse. « Les céréales accusent la chute la plus forte : 25%. La production de blé a ralenti de 32%. » Le commerce extérieur diminue lui aussi de 30% par rapport à 2015.

En cause, les conditions météorologiques défavorables pour les céréales et la suppression des quotas laitiers européens en avril 2015. « Depuis leur suppression, les pays du nord de l’UE produisent davantage, à un moment où la demande mondiale s’est ralentie », reprend Thierry Pouch. Seul secteur laitier qui ne connaît pas la crise : le bio, où les 1 000 litres coûtent plus de 450 euros – contre 345,8 euros/1 000 l en conventionnel selon Web-gri.fr.

Toutefois, 2017 annonce une embellie. « Le vin est en baisse à cause du gel du printemps mais la production de céréales se redresse, se situant dans la moyenne historique de 36 millions de tonnes pour le blé ». Avec la croissance de la demande chinoise en viande de porc, la production animale affiche aussi un net redressement. Malgré les inquiétudes concernant l’épidémie de grippe aviaire et le scandale du Fipronil, la production avicole devrait se maintenir cette année. « À l’horizon 2030, estime Thierry Pouch, la demande de volaille dans les pays émergents devrait bondir de 170%. »