Innovation en sécurité : ces drones qui aiment travailler en équipe

[Paru le 06/09/2018 dans InfoProtection.fr] Les drones ne se contentent plus de jouer à la simple caméra volante ou roulante. Désormais, ils font équipe avec des réseaux de détection d’intrusion, des véhicules autonomes, des patrouilles de drones roulants ou entre eux avec l’intelligence collective d’un banc de poissons.

Ce drone dialogue avec un réseau de capteurs pour la détection d’intrusion dissimulés dans ces lampes photovoltaïques.
©Sunflower Labs 

Considérés comme caméras volantes de vidéosurveillance, les drones sont de plus plus en plus intégrés à une chaîne globale de sécurité notamment grâce aux superviseurs et hyperviseurs. Mais à présent, les drones font équipe avec d’autres drones ou travaillent en patrouille. En témoigne l’helvético-américain Sunflower Labs qui démocratise auprès des particuliers la vidéosurveillance volante en combinant son drone à un système de détection d’intrusion dissimulé dans des lampes photovoltaïques qui contiennent chacune plus d’une douzaine de capteurs. Une fois installées autour de la propriété, elles travaillent de conserve pour détecter les mouvements, les vibrations et les sons des intrus.

Les drones font équipe avec des capteurs intelligents

Lorsque le réseau détecte un événement, le système envoie au propriétaire une alerte qui peut être rejetée s’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Dans le cas inverse, celui-ci peut choisir de déployer la caméra volante pour voir de plus près ce qu’il se passe. Du coup, le quadricoptère transportant la caméra se dirige automatiquement vers le lieu de l’événement détecté par les capteurs qu’il utilisent comme balises de navigation. Quant à la vidéo,elle est envoyée en direct à l’appareil mobile de propriétaire ou à un centre de télésurveillance. Après avoir levé 2,1 millions de dollars lors d’un premier tour de table, la société prend actuellement des pré-commandes sur son site web au prix de 750 dollars pour la caméra volante et 150 dollars par lampe capteur.

Les drones s’allient à un véhicule autonome

Ce véhicule autonome fait équipe avec un drone qu’il embarque.
© Otsaw Digital

De son côté, la société singapourienne Otsaw Digital élargit, avec son O-R3, la famille des robots patrouilleurs autonomes. Depuis l’année dernière, l’O-R3 expérimente la collaboration un drone de surveillance, créant ainsi un système mobile capable de lancer l’engin volant pour suivre les intrus et indiquer leur position. Doté d’algorithmes d’apprentissage machine, l’O-R3 cherche à améliorer au fil de l’eau sa capacité à éviter les obstacles et à identifier les objets anormaux, tels que les sacs sans surveillance lors de ses rondes. Le système comprend également une technologie de reconnaissance faciale et de plaque d’immatriculation. Quant au drone d’accompagnement, il s’envole à partir d’une plate-forme de lancement qui se déploie à l’arrière du véhicule terrestre autonome.

Patrouilles robotisées sur la base du Segway

Basé& sur la plate-forme robotique de Segway, ces patrouilleurs autonomes travaillent avec un drone volant et sont capables de véhiculer ujn agent de sécurité ou un policier pour arraisonner un intrus.
© Turing Video

Si le succès se fait quelque peu attendre auprès du grand public, le gyropode Segway a peut-être trouvé de nouveaux fans dans l’industrie de la sécurité. Illustration avec le robot Nimbo de la société de sécurité robotique Turing Video. Utilisant l’intelligence artificielle pour apprendre à reconnaître les situations à risque, il patrouille en équipe dans le but d’étouffer les menaces dans l’œuf. Pour ce faire, le robot s’appuie sur la plate-forme robotique de Segway qui fournit la boîte de vitesses, le moteur et la batterie ainsi que des capteurs et des systèmes de vision. Pour sa part, Turing Video a utilisé les capteurs RealSense d’Intel pour créer un robot capable de collecter de manière autonome des vidéos HD d’événements suspects. Par exemple, des gens qui se battent, par exemple. Nimbo enclenche alors ses lumières ainsi que ses avertissements sonores et envoie une alerte avec un extrait vidéo sur le smartphone du personnel de sécurité. Si celui-ci le juge nécessaire, il peut sauter sur un autre Nimbo et être transporté à la vitesse de 17 km/h pour poursuivre un suspect. Lequel sera suivi par un drone volant.

30 drones volent en essaim

Grâce à un algorithme d’intelligence artificielle élaboré par des chercheurs hongrois, ces 30 drones naviguent de façon autonome avec une intelligence collective semblable à celle d’un banc de poissons.
© D.R.

En août dernier, grâce à des chercheur hongrois (Gábor Vásárhelyi, Csaba Virágh, Gergő Somorjai, Tamás Nepusz, Agoston E. Eiben et Tamás Vicsek) de l’Académie des sciences de Hongrie, de l’Université Eötvös Loránd ainsi que de l’Université Amsterdam, 30 drones ont volé en essaim sans qu’ils soient pilotés ni programmés à l’avance, encore moins dirigés par un ordinateur au sol. En effet, ce groupe de quadricoptères s’adapte et évite les obstacles avec l’intelligence collective d’un banc de poissons ou d’un nuage d’étourneaux. Cette performance repose sur un modèle mathématique qui s’est enrichi de l’expérience de 15.000 vols. Chaque fois qu’un drone rencontre un obstacle, il en transmet l’information à ses collègues et le groupe s’y adapte. Cette technologie pourrait améliorer la sécurité, la lutte contre les feux de forêt aussi bien que la livraison par drone.

Erick Haehnsen