Électromobilité : la Chine veut prendre la tête du mouvement en Asie

[Paru le 12/12/17 dans Les Échos]. Misant sur ses institutions financières ainsi que ses ses industriels, l’Empire du Milieu veut prendre le leadership des véhicules électriques et à hydrogène. Par Erick Haehnsen

Inauguration de l’usine de SinoHytec qui fabrique de façon automatisée des piles à combustible. © D.R.

Après son succès dans les panneaux solaires, la Chine veut répliquer la formule à la fois dans les cellules pour batteries, les batteries complètes pour véhicules électriques (VE) ou véhicules électriques hybrides rechargeables hybrides (VEHR), les véhicules électromobiles mais aussi dans les véhicules à pile à combustible à hydrogène (voitures, bus, train, navires). « À l’horizon 2030, la Chine vise à réduire de 60 % à 65 % ses émissions de CO2 », fait valoir Joël Danroc, adjoint du directeur du CEA, référent du pôle de compétitivité Mov’eo, spécialisé dans les mobilités.

 

Coopération Sud-Sud

L’Empire du Milieu veut aussi faire d’une pierre deux coups en prenant la tête de la transition vers l’économie bas carbone dans un cadre de coopération Sud-Sud non seulement en Asie mais aussi en Afrique. Comme le note un rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) qui s’est réuni en août dernier à Pekin, la Chine veut apporter des « solutions de développement à faible intensité carbonique ainsi que des solutions de financement ». Notamment en s’appuyant sur des institutions comme la National Energy Administration, l’Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB), la China Development Bank et CADFund.

« La Chine est non seulement le premier marché mondial de l’automobile mais aussi le premier marché de la voiture électrique », analyse Joseph Beretta, président de l’Association pour le développement de la mobilité électrique (Avere) en France. En effet, selon une étude de Bloomberg, les ventes de VE et VEHR devraient s’établir à 435 000 pour la Chine – sur un total de 28 millions de voitures – contre 283 000 pour l’Europe, 218 000 pour les États-Unis et 46 000 pour le Japon. La chine affiche son ambition de prendre le leadership pour arriver en 2020 à 2 millions de ventes de VE et VEHR pour 28 millions de voitures thermiques. Dès lors, selon China Automotive Information Net, les ventes de véhicules thermiques stagneront à 28 millions tandis que celles des VE et VEHR atteindront 7 millions en 2025.

Prochaine étape : l’hydrogène

La Chine mise également sur la pile à combustible à hydrogène. À cet égard, elle prévoit d’ici 2020 de développer une économie de l’hydrogène à l’échelle de toute la ville de Rugao. « À Shanghai, on trouve pas moins de 100 sociétés spécialisées dans l’hydrogène. À l’horizon 2030, la Chine compte produire 1 million de voitures à hydrogène, reprend Joël Danroc. Elle a déjà fabriqué son premier tram à hydrogène. » Prochain objectif : les navires de commerce à hydrogène.

Erick Haehnsen