Arkema étoffe son portefeuille de logiciels

[Paru le 24/05/17 dans Les Échos]. L’industriel expérimente de nouveaux outils logiciels. La DSI veille sur le système d’information, pour préserver sa cohérence et sa sécurité. Par Eliane Kan

Le design du nouvel atelier situé sur le site de Honfleur a été coconstruit avec les salariés à l’aide d’une maquette 3D. – Photo Arkema. © D.R.

Sous la houlette de son PDG, Thierry Le Hénaff, le chimiste Arkema accélère depuis fin 2015 sa transformation digitale. La démarche se décline en trois axes : l’excellence opérationnelle, l’expérience client et l’accompagnement des salariés. En particulier vers un mode de travail plus collaboratif. Cette mutation induit l’adoption de nouveaux outils tant sur le plan de la production (« digital manufacturing ») que sur celui de la relation client. « Par exemple, nous avons acquis des licences du logiciel Dynsim d’Invensys afin de former les opérateurs de production à l’aide d’un simulateur de process pour qu’ils soient opérationnels dès le démarrage de leur unité industrielle », indique Jean-Charles Hardouin, le directeur des systèmes d’information (DSI) d’Arkema.

Des logiciels loués, voire prêtés, le temps du projet

Implanté dans plus de 50 pays, principalement aux Etats-Unis, en Asie et en Europe, le premier groupe français de chimie emploie 20.000 personnes réparties dans 130 usines, dont celle de Honfleur (Calvados). Ce site vient de démarrer un nouvel atelier de transformation de tamis moléculaires. Particularité, son design a été coconstruit avec les salariés en recourant à une maquette 3D couplée à un outil d’immersion. Grâce à quoi, les opérateurs ont pu améliorer l’ergonomie des lieux en circulant virtuellement dans leur futur atelier, tandis que le temps nécessaire à sa construction a été raccourci de six mois. « Pour l’occasion, nous avons travaillé avec des logiciels en prêt ou en location, car le choix de notre futur outil n’a pas encore été arrêté », indique Jean-Charles Hardouin, qui compte dans sa DSI 350 personnes concentrées majoritairement à Lyon, Paris, Philadelphie (USA) et Shanghai (Chine).

En complément de ces outils 3D, le groupe expérimente actuellement des outils de modélisation 4D intégrant la dimension planning pour la construction d’unités. « Nous sommes en phase de preuve de concept. A terme, nous acquerrons les licences des outils retenus, sachant qu’ils devront être interopérables avec les bibliothèques d’objets générés par nos solutions de conception assistée par ordinateur. Cette compatibilité fait partie, avec la sécurité, des critères de choix. » En effet, les nouvelles solutions digitales posent plusieurs contraintes à la DSI. Celle-ci doit s’assurer qu’elles s’intégreront dans le système d’information tout en préservant sa cohérence et sa sécurité. Il s’agit aussi d’en généraliser l’usage au sein du groupe, de sorte à favoriser, à terme, le travail collaboratif.

Plus de cloud et de SaaS

En matière d’acquisition des logiciels en mode licence ou à la location, le groupe joue la carte du pragmatisme avec une adoption croissante des solutions cloud. Tous les métiers sont susceptibles d’être concernés, à l’exception de certains domaines très ciblés en fonction de contraintes de confidentialité. Aujourd’hui, le groupe est propriétaire des licences du progiciel de gestion intégré de SAP. L’éditeur allemand lui fournit également SuccessFactors, une solution cloud de gestion des talents. Toujours en mode Saas (« software as a service »), Arkema mise sur la gestion de la relation client de Salesforce. « Cette solution remplacera certains outils développés en interne », indique le DSI, qui a aussi opté pour la suite collaborative Office 365 de Microsoft, également proposée en mode locatif.

Contrairement aux solutions « on premise », c’est-à-dire installées, ce type de solution affranchit le chimiste de la gestion des infrastructures. En revanche, elle soulève de nouvelles questions sur les compétences et l’expertise à acquérir ou à maintenir. « Avec la montée en puissance des solutions cloud, notre travail concernera davantage l’intégration, la cohérence et le pilotage des interfaces ainsi que la maîtrise de la gestion des données. Un sujet qui devient critique. »

Eliane Kan