Angus.ai mise sur les caméras vidéo plutôt sur le smartphone

[Paru le 27/02/2018, dans Les Echos] La start-up injecte du Deep Learning dans des caméra vidéo et dans le Cloud pour analyser le comportement des visiteurs en magasin et analyser les flux de marchandises dans les rayonnages. 

Incubée chez Agoranov et depuis l’été 2017 à Station F à Paris, Angus.ai annonce clairement la couleur : elle utilise des caméras vidéo dopées à l’intelligence artificielle pour étudier le comportement général des visiteurs en magasin. Objectif : d’accroître les ventes et la satisfaction client. À la différence de la plupart de ses concurrents, Angus.ai délaisse donc le très convoité smartphone des visiteurs. « Pour l’heure, nous utilisons les caméras de vidéosurveillance d’Axis Communication dans lesquelles nous injectons une partie de nos algorithmes de Deep Learning, l’autre partie étant dans le cloud ou à bord d’un ordinateur à proximité des caméras, explique Aurélien Moreau, normalien (ENS Lyon, UPMC) cofondateur d’Angus.ai en 2015 avec Gwenael Gâté (X Mines, Imperial College). Nous cherchons à comprendre qui sont les visiteurs (âge, genre…) et ce qu’ils y font : combien de temps ils restent à tel rayon, d’où ils viennent, où ils vont… »

Grâce à Machine Learning, les processus progressifs de compréhension permettent de classifier les comportements des visiteurs : les acheteurs, les oisifs, les gens perdus, les accompagnateurs, les incertains… « Notre technologie peut aider le magasins à dire à tel vendeur d’aller voir tel client à tel endroit, indique Aurélien Moreau qui a levé 500 000 euros en 2017 et prépare un second tour de table pour cet été. En revanche, les enseignes cherchent, pour l’heure, surtout à mieux comprendre ce qu’il se passe dans leurs points de vente. »

La start-up a déployé ses systèmes chez Carrefour Contact et France Loisirs en tant que preuves de concept. « Aujourd’hui, nous nous intéressons aussi aux flux de produits en magasin pour éviter les ruptures de stock en rayon avec les Mousquetaires mais le site n’est pas encore déterminé », reprend Aurélien Moreau. À présent, la start-up chercher à fabriquer ses propres caméras afin de simplifier la pose et réduire les coûts de maintenance.

Erick Haehnsen