Intelligence artificielle : c’est parti !

Apprentissage automatique, voire profond, reconnaissance d’images et de la parole, traitement du langage naturel, robots intelligents… les applications de l’intelligence artificielle seront partout où il sera possible d’automatiser un processus. Même dans notre poche. Les levées de fonds investis dans les start-up explosent les compteurs.

 

Bientôt, chacun de nous aura une intelligence artificielle dans la poche. © Pixabay Geralt

Parmi tous les fantasmes que suscite l’intelligence artificielle (IA), une chose est sûre : elle va profondément doper les processus d’automatisation qui sont à la base de la compétitivité des entreprises. D’après une étude d’Accenture parue 2016, elle pourrait contribuer à augmenter la productivité mondiale de 40% d’ici 2035. De quoi susciter une forte attractivité de la demande des entreprises. A l’instar de Crédit Mutuel qui utilise l’IA d’IBM Watson pour lire et comprendre les questions des clients dans les courriels qu’ils adressent à leur chargé de compte afin de les aider à en préparer les réponses. Les exemples sont pléthore. Ce qui pousse le cabinet Tractica à projeter le marché mondial de l’IA à 11,1 milliards de dollars d’ici 2024 – comparée aux 200 millions de 2015.

 

1.700 start-up dans 70 pays

Puissante et rapide, cette progression risque pourtant de s’accélérer plus vite qu’on ne croit. « L’IA apporte plus de pertinence, d’automatisation et de personnalisation aux entreprises. Elle va se diffuser dans la plupart des secteurs d’activité économique », prophétise Françoise Colaïtis, déléguée générale adjointe du pôle de compétitivité Cap Digital. Un argument qui affole les compteurs des levées de fonds dans les start-up de l’IA. Depuis le début de l’année, les levées de fonds en ce domaine se sont établies à 2,2 milliards de dollars, selon un rapport d’avril dernier du cabinet Venture Scanner qui scrute 1.700 start-up dans 70 pays. Avec une levée de fonds moyenne de 22 millions de dollars par entreprise, on atteint le montant record de 10 milliards de dollars levés au total par les start-up de la Data Science. En tête, viennent les plates-formes et applications de Machine Learning/Deep Learning qui concentrent 7,5 milliards de dollars d’investissements dans 743 start-up. Suivies par la reconnaissance d’image (2,6 milliards de dollars investis dans 736 start-up) ainsi que les robots intelligents (2,6 milliards de dollars dans 145 start-up), le traitement du langage naturel (1,6 milliard dans 269 sociétés) ainsi que les assistants virtuels (824 millions dans 160 start-up)…

L’intelligence artificielle bientôt dans 300 millions de smartphones

Le créneau roi des systèmes auto-apprenants ne va pas se contenter de tourner sur des serveurs fussent-ils dans le cloud. Il va surtout s’instiller dans les smartphones. Et pas plus tard que cette année, plus de 300 millions de smartphones, soit plus du tiers des téléphones qui seront vendus dans le monde, seront dotés de fonctions intégrées de Machine Learning qui permettront d’exécuter des tâches importantes, même hors ligne. « Grâce aux fonctionnalités du Machine Learning incorporées dans les smartphones, l’exécution des tâches quotidiennes des consommateurs sera facilitée comme jamais auparavant. Les appareils mobiles s’amélioreront en s’exposant eux-mêmes à des données, plutôt qu’en étant programmés de manière explicite. Votre smartphone aura désormais un cerveau », indique Ariane Bucaille, associée au cabinet Deloitte en France. En cette période électorale, trois Français sur dix pensent qu’une intelligence artificielle pourrait faire une meilleure analyse de la situation et des données à sa disposition qu’un élu gouvernemental, indique un sondage d’OpenText réalisé en février dernier. 23% d’entre eux expliquent cependant que la décision finale doit revenir à un être humain. Comme le prophétise Charles-Edouard Bouée, PDG du cabinet Roland Berger, chacun de nous va disposer d’une IA personnelle dans sa poche qui  »l’augmentera » dans sa vie quotidienne. Conséquence : il y a des chance pour que l’intelligence humaine progresse collectivement. Devons-nous en avoir peur ?

© Erick Haehnsen / TCA-innov24