L’artiste Ghass lance une Art Car sur le marché international de l’art

31A l’occasion du salon Art Paris Art Fair au Grand Palais, la galerie française Golan Rouzkhosh Gallery (GRK) présente  »Tempête » une Art Car à partir d’une voiture de course titrée, une Alpine A450. Un montage délicat avec l’écurie Signatech-Alpine et le constructeur Alpine.

Golan Rouzkhosh, patron de la galerie GRK, présente à Paris, Monaco, Hambourg et New York. © GRK

Sous la voûte magique du Grand Palais à Paris, l’exposition Art Paris Art Fair (du 29 mars au 2 avril) a abrité une œuvre très spéciale : l’Art Car  »Tempête » réalisée par l’artiste franco-iranien Ghass de la galerie indépendante Golan Rouzkhosh Gallery (GRK) à partir d’une voiture de course de course Alpine A450. Laquelle, en 2013, a permis aux pilotes Pierre Ragues et Nelson Panciatici de l’écurie Signatech-Alpine de remporter, entre autres, les 3 heures de Budapest en European Le Mans Series. Initié en 1975 par le jeune commissaire-priseur Hervé Poulain, cet exercice de style a été illustré par des monstres sacrés de l’art contemporain comme Alexander Calder en 1975, puis Franck Stella, Roy Lichtenstein, Andy Warhol ou encore Jeff Koons…

La French Touch d’une opération cousu main

« Passionné de courses automobile, j’ai eu l’idée de demander à Ghass s’il avait envie de réaliser une Art Car, indique Golan Rouzkhosh dont la galerie est présente à Paris, Monaco, Hambourg et New York. J’ai alors contacté Signatech-Alpine. Pour moi, il était cohérent qu’une galerie française crée une Art Car à partir d’une voiture de course française. » Une  »French Touch » qui a conduit la galerie à un écosystème  »cousu main ». Sachant que, même une fois retirée des circuits, cette Alpine A450 vaut encore un million d’euros sur le marché des collectionneurs de voitures de course titrées ! Mais la magie artistique a opéré. « Durant la guerre Iran-Irak, j’ai servi comme brancardier. La France m’a accueilli. Ici, j’ai l’occasion de lui rendre hommage », explique Ghass.

Pour une clientèle qui apprécie l’art aussi bien que les belles voitures

Et le courant est passé entre la GRK, Signatech-Alpine, Alpine et l’artiste. « C’est l’opportunité d’une prise de parole décalée dans un milieu qui n’est pas le nôtre : l’art. Cela crée du fonds, de la consistance dans notre relation avec le constructeur Alpine », souligne Philippe Sinault, PDG de l’écurie Signatech-Alpine qui a mis la voiture gratuitement à la disposition de la galerie et de l’artiste. « A la différence d’une Art Car habituelle, comme, par exemple, de celle d’Andy Warhol avec BMW, nous n’avons pas pris cette initiative pour renforcer notre marketing. L’artiste a eu une entière liberté de création », insiste Bernard Ollivier, DGA d’Alpine. Et comme la marque Alpine est en cours de relancement, le constructeur y voit l’intérêt de communiquer auprès d’une clientèle d’esthètes capables d’apprécier autant les œuvres d’art que les voitures de sport à la française. Et quel travail !

70 jours de travail

« Ghass a mis 70 jours à coller à la résine pas moins de 30 m2 de toile de lin sur toute la carrosserie afin de peindre avec de la  »peinture d’artiste » et non pas de la peinture industrielle », précise Golan Rouzkhosh. Il lui a ensuite fallu 50 autres jours pour peindre en dripping, un peu à la manière de Jackson Pollock, des gouttes de peinture qui restituent celles de la pluie durant une course. « La galerie a investi près de 120.000 euros pour que l’artiste réalise l’œuvre et encore 50.000 euros pour en faire la promotion », détaille Golan Rouzkhosh. Ainsi l’œuvre a-t-elle été exposée à la gare Saint-Charles de Marseille en novembre dernier et au Grand Palais au salon Art Paris Art Fair. Elle le sera ensuite au Grand Prix de Monaco (du 25 au 28 mai), aux 24 heures du Mans (17 et 18 juin) puis à la galerie GRK de Hambourg. L’objectif étant de vendre l’œuvre aux enchères en collaboration avec une grande maison de ventes qui n’est pas encore sélectionnée. « Les recettes se répartiront entre l’écurie, propriétaire du véhicule, le constructeur et la galerie qui représente l’artiste, confie Golan Rouzkhosh. Un pourcentage ira également à une association qui milite en faveur de la sécurité routière. » Et Bernard Ollivier de poser la question cruciale : « L’acquéreur va-t-il acheter une œuvre d’art ou une voiture de collection ? » Difficile à dire. En tous cas, rien ne se serait passé sans l’imagination partenariale de la galerie.

© Erick Haehnsen / TCA-innov24